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Un Tunisien sur quatre est diabétique... Alarmant !

Dre Ibtissem Ben Nacef, professeure d’endocrinologie et de diabétologie à l’hôpital Charles-Nicolle et membre de la Société tunisienne d’endocrinologie et de diabète, a mis en garde contre la hausse alarmante des maladies chroniques en Tunisie. Elle a souligné que les chiffres sont devenus « effrayants » et placent le pays face à un véritable défi sanitaire, révélant qu’un Tunisien sur quatre est aujourd’hui atteint de diabète.

"Une maladie silencieuse"

Les données indiquent une propagation rapide de cette maladie. L’étude nationale sur la santé des Tunisiens âgés de plus de 15 ans, publiée par l’Institut national de la santé en 2016, montrait déjà qu’un Tunisien sur cinq était diabétique.

Plus inquiétant encore, la moitié des personnes concernées ignoraient leur état, faisant du diabète une «maladie silencieuse» qui évolue sans symptômes apparents. Pourtant, il constitue la première cause d’insuffisance rénale et de cécité et est associé à une augmentation de la mortalité précoce.

Les chiffres les plus récents, publiés en 2023 par la Société tunisienne d’étude et de recherche sur l’athérosclérose, révèlent une aggravation de la situation. En effet, un Tunisien sur quatre est désormais diabétique, confirmant une tendance fortement préoccupante.

Hypertension et obésité en hausse

Parallèlement, d’autres maladies chroniques connaissent une progression notable, notamment l’hypertension artérielle, qui touche 28,7% des Tunisiens selon l’étude de 2016. L’obésité constitue, également, un indicateur alarmant puisqu'elle concerne 26% des adultes et s’étend aux enfants, avec un taux de 17% à l’échelle nationale, illustrant un changement profond des modes de vie et des habitudes alimentaires.

Les causes du diabète sont multiples; facteurs héréditaires, obésité, manque d’activité physique, mode de vie déséquilibré et consommation excessive d’aliments riches en sucres et en graisses. Cette évolution s’est traduite par un recul de l’âge moyen d’apparition de la maladie, désormais autour de 40 ans, contre 45 auparavant.

Recommandations

Dans ce contexte,  Dre Ben Nacef a insisté sur l’importance de la prévention, soulignant que la maîtrise du poids est une étape clé. Des études montrent qu’une perte de dix kilogrammes peut réduire le risque de diabète jusqu’à 30%.

Elle recommande, aussi, une activité physique régulière, ne serait-ce que 30 minutes de marche par jour, ainsi qu’un régime alimentaire équilibré,  privilégiant les céréales complètes, les légumes et les protéines, tout en réduisant la consommation de sucres rapides, de pâtisseries, de boissons gazeuses et d’aliments transformés.

Des chiffres choquants, mais qui constituent surtout un appel clair à l’action, avant que les maladies chroniques ne deviennent un fardeau encore plus lourd pour les individus et pour le système de santé.